- La guerre
- Entrée en résistance
- La rencontre
- Une organisation
- Des résultats
- Arrestations
- Monsieur "Jean"
- L'évasion à bord du « Breiz Izel »
- L’Angleterre et la 2ème DB
- Légion d'Honneur
- Remerciements
- Résumé
- Bibliographies
- Annexes
- Patriotic School Report

Jeudi 18 Janvier 2007 - Le jour des justes


Jean Richard

« Une vie de combattant »

RPS 18793 - Jean Paul Émile RICHARD, étudiant en droit, né le 30 septembre 22, a quitté DOUARNENEZ en s’évadant à bord du Breiz Izel, un bateau de pêche, le 21 Janvier 44. Arrivé U.K.23 Janvier 44. Comme tous les évadés de France entrant au Royaume Uni, il passe par les services secrets de la Royal Patriotic School.

A lire également :

- Le Rapport complet de la Patriotic School concernant Jean Richard - Rapport déclassifié fin 2016

- La traduction du Rapport du 28 janvier 1944

- La traduction du Rapport du 2 février 1944



Commémoration du 09 mai 2010 à Martigné Ferchaud

Mr Raymond Guillard est décédé le 23 novembre 2014 à l'âge de 94 ans. Nous adressons à sa famille, toutes nos condoléances à l'occasion du décès de cet homme au parcours remarquable qui participa durant la seconde guerre mondiale au sauvetage et à l'évasion de nombreux américains, anglais et français, dont mon père, Mr Jean.
Un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle; merci d'avoir partager vos souvenirs avec nous.
Yann et Anne Richard


La guerre

Juin 1940 - Pour la plupart des généraux français, la guerre est perdue et déjà, le gouvernement de Vichy s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.

Pourtant quelques radios françaises branchées sur Radio Londres captent un message d'espoir. En effet, le 18 juin 1940, un général français lance un appel à tous ceux qui veulent défendre un monde libre. Cet appel non enregistré, le Général De Gaulle le répétera le 22 juin 1940 toujours depuis Radio Londres. Il termine son appel par ces mots : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas ».

Juillet 1940 - Alors que Dunkerque vient de tomber, Churchill comprend également que ses troupes ne reprendront pas pied sur le continent avant longtemps et que le seul combat immédiat possible devient le harcèlement de l'ennemi par des actions de guérilla. Le 19 juillet 1940, il crée le Special Operations Executive (S.O.E.) (Bureau des opérations spéciales) dont le but est de mettre en place dans les pays occupés des groupes de sabotage et de guérilla et de parachuter du matériel de destruction.

A la même période, après de multiples évasions, le capitaine Leclerc rejoint l’Angleterre où il rencontre le Général De Gaulle. Celui-ci voit tout de suite en lui un chef exceptionnel. Il le promeut de capitaine à chef d’escadron dès leur première rencontre et lui donne pour mission de rallier l'Afrique Equatoriale Française (AEF) à la France libre. Leclerc repart début Août vers l’Afrique qu’il connait déjà et va rapidement rencontrer le commandant Louis Dio. En quelques mois, toute l’AEF se rallie au Général de Gaulle. La colonne Leclerc qui compte également le capitaine Massu se dirige vers des postes italiens et prend l’oasis de Koufra le 28 février 1941 avec seulement 300 hommes et un canon. Avec ses soldats, le colonel Leclerc y fait le serment de ne pas déposer les armes avant d'avoir vu le drapeau français flotter sur la cathédrale de Strasbourg.

En Angleterre, la responsabilité de la section française (section F) du S.O.E. est confiée en novembre 1941 à Maurice Buckmaster. Les parachutages en France ont en fait commencé en mai 1941 mais ce n’est qu’à partir de septembre 1942 qu’ils prennent de l’ampleur. Les agents parachutés recrutent de nombreux agents en France qui dépendent directement des Britanniques tout au long de la guerre. Leur but : constituer des groupes de résistance le long d’une ligne St Malo, Rennes, Châteaubriant, Saint-Nazaire, pour pouvoir, le moment venu, contenir les Allemands en Bretagne.

En Afrique, Leclerc poursuit les combats en Libye et participe à la prise de Tunis par les Alliés avec la Force L (L pour Leclerc) au tout début de 1943.


François VALLEE à son arrivée au SOE à Londres en janvier 1943.

Après plusieurs actes de sabotage contre les forces ennemies en Tunisie pour le compte du SOE, François Vallée rejoint l'Angleterre. Il est en relation étroite avec l'Intelligence Service et les services du colonel Buckmaster, chef de la section F (F pour France) du Special Operations Executive (S.O.E.).

Le 17 juin 1943, François Vallée est parachuté en Ille-et-Vilaine. Sous le nom d'« Oscar » puis de « Franck » il s'installe à Rennes 1 boulevard Magenta, chez Mme PROD’HOMME (alias Herminie), et avec le concours de son adjoint GAILLOT (alias Henry) officier du SOE, prend contact avec la résistance locale afin de créer un réseau structuré : le réseau « Oscar Buckmaster ».

Ce réseau va s'étendre de Saint Malo à Nantes. (Les réseaux du S.O.E. en France portent le nom du Colonel Buckmaster associé à un prénom ou surnom français. Le réseau Oscar-Buckmaster, a le surnom de son chef, le colonel Vallée également appelé « Oscar »).

Pendant ce temps, en Angleterre, le général Leclerc équipe sa colonne de matériel américain en prévision de l’offensive finale. Faisant partie de la 3e armée du général Patton, elle devient la Deuxième Division Blindée ou 2ème DB … La Division Leclerc.

Entrée en Résistance

Originaire de Martigné-Ferchaud où il vit dans la maison familiale, rue Valaize, avec ses parents et grands-parents, Jean Richard est âgé de 20 ans en 1942. A cette époque, il est jeune étudiant en notariat à Rennes et loge au 68 de la rue Saint-Hélier chez Mme Zwingelstein Louisette (8 à 9 étudiants habitent cette adresse dans le cadre de leurs études).
Avec quelques amis dont Pierre Morel qu’il connaît depuis 1933 et Bernard Dubois, il refuse l'ordre établi par l'envahisseur, et avec l'aide des mairies qui vont réaliser de faux papiers d'identité, ils vont organiser un échange de réfractaires au S.T.O. au sein de différentes fermes. Louis Boulay, un employé de Martigné-Ferchaud qui avait voulu conserver son emploi, est arrêté. Jean Richard et Pierre Morel vont organiser son évasion et le cacher.

Une première opération réussie !


A cette époque, leur groupe entre en contact avec un réseau baptisé « Marathon Chinchilla » dépendant du Bureau Central de Renseignements et d'Action (B.C.R.A.), sous les ordres du colonel Yves Mindren, lequel est directement rattaché à l'état-major du Général de Gaulle à Londres.

Trois générations de Richard
Trois générations de Richard

D'autres missions suivront :
- En 1942, recueil et hébergement de deux soldats noirs (Jean-Paul Coulibaly et Raymond Diallo) évadés d'un camp de prisonniers prés de Rennes.
- En mai-juin 1943, prise en charge de deux soldats Indous libérés par la résistance et appartenant à la 8ème Armée britannique. Ces deux soldats, Jean Richard pense se souvenir qu'ils ont été confiés à son réseau par Mme Geneviève De Gaulle (ce fait n'est pas établi; Mme De Gaulle ne faisait plus parti des réseaux Rennais à ce moment là). Par prudence du fait de leur nationalité si « différente », ils furent Hébergés dans des fermes autant que possible isolées. Ils ont semble t'il été repris et le réseau pourrait être tombé quelques mois plus tard à cause d'eux.
- Toujours en 1943, nous sommes au début du mois de juillet, et à la demande d'un groupe de Rennes (dont Pierre Morel), Jean Richard va héberger un aviateur américain dans l’attente de son transfert en Angleterre.
Jean va tout d’abord conduire Harry Boegaholz alias « Bill » chez Mme Angèle Misériaux à la Haye Veillette. « Bill » y restera quelques jours avant d’être transferé toujours par Jean Richard chez ses propres parents à Martigné, à proximité de la brigade de gendarmerie.
Quelques jours plus tard, « Bill » est de nouveau déplacé pour être caché au domicile de la famille Martin, rue de Châteaubriant (le fils Marcel fait parti du réseau).
L'armée allemande étant très présente à Martigné (présence de soldats de la Luftwaffe chargés de la surveillance et du renseignement proches de la maison Martin). Il faut redoubler de prudence et « Bill » est de nouveau transferé dans la famille Boulay avant de quitter Martigné pour être caché à Eancé chez M. et Mme Bannetel.
Jean Renaud, tailleur de métier et ami de Jean, dont le commerce se situe en centre ville, accepte de lui confectionner un costume car, du haut de ses 1,85 mètre, « Bill » passe difficilement inaperçu.

La rencontre

C'est au début du mois de juillet 1943 que Jean Richard va rencontrer pour la première fois François Vallée dit « Franck » chef du réseau OSCAR-BUCKMASTER. Celui-ci a été parachuté quelques temps avant. Par l'intermédiaire d'amis, le rendez-vous est fixé … dans une vespasienne place de la gare à Rennes. Le contact s'effectue normalement et les deux hommes prennent le train ensemble jusqu'à Martigné-Ferchaud.

Une organisation

Jean Richard est alors âgé de 21 ans. Il adhère au réseau OSCAR-BUCKMASTER et aura comme contact Mme PROD'HOMME (alias Herminie) et Bernard DUBOIS. Il sera chargé de plusieurs missions délicates et périlleuses (agent de liaison entre différents groupes, rapatriement de parachutistes venus en mission).
Jean Richard, véritable organisateur de la résistance sur Martigné-Ferchaud, devient alors le chef du réseau Oscar-Buckmaster pour sa commune et dans les environs.

Dans le reste de la région, la répartition se fait comme suit :
- Bernard Dubois devient le responsable du réseau Oscar-Buckmaster sur Châteaubriant et jusqu'à la Loire.
- Pierre Morel est responsable du secteur de Saint-Aubin du Cormier, Guer, Hede et la Région de Dinard.
- « Fred » est responsable de la région de Vitré.
- Dordain est responsable du Sud-ouest de Rennes.
- Bichelot est responsable de l'instruction militaire et de la réception des parachutages.
- Bourdet est responsable pour la liaison.

Avec Jean Richard, le capitaine Vallée va se rendre à Eancé afin de rencontrer l'aviateur. Son rapatriement vers l'Angleterre est organisé ; le pilote est évacué vers le Morbihan...
Sur la demande du Capitaine Vallée, Jean Richard est chargé de rechercher un terrain propice pour un largage en vue de parachutage de plusieurs agents.
Le 23 juillet 1943, à la suite du message « j'aime le son du cor le soir au fond des bois » diffusé par la BBC, François Vallée était à l’écoute chez les parents Richard pour entendre le message de la BBC, le premier parachutage du réseau Buckmaster Oscar s'effectue comme prévu à Martigné-Ferchaud.


Sous-lieutenant Georges CLEMENT
alias « Jean CLERMONT »
alias « Georges » en 1943.

Un second parachutage sera pris en charge par le réseau Châteaubriand-Fercé. Les armes seront cachées dans une ferme.
Un troisième parachutage initialement prévu à Retiers aura lieu sur Saint-Aubin-du-Cormier.
Chacun aura été précédé d'une petite phrase de la BBC : « Cette nuit tous les chats son gris » ou encore « Les poissons du lac sont rouges ».

Lors du premier parachutage, l'un des premiers officiers S.O.E. à toucher le sol français est le lieutenant George Clément dit « Georges », opérateur radio. Né le 25 octobre 1917 à Pétrograd, ce grand blond flegmatique a rejoint l'Angleterre avec sa famille lors de la révolution Bolchevique. Après son incorporation dans l'armée anglaise en 1939, il est volontaire en janvier 1943 pour la SOE. Volontaire et intelligent autant que motivé, parlant parfaitement la langue de Molière, il est rapidement dirigé vers une formation d'opérateur radio. A Martigné, Il logera tout d'abord chez la famille Richard, rue Valaize d'où il émettra. L'antenne filaire de sa radio est dissimulée dans les poiriers du jardin. Présenté comme un ami parisien, il ira à la pêche avec Jean Richard ... pour passer le temps.

Des résultats

- Jean Richard et son groupe avaient trouvé une quinzaine de maison, des fermes pour la plupart suffisamment discrètes comme celle d'Angèle Misériaux mais aussi la propre maison de Jean Richard, pour accueillir des personnes en « situation irrégulière » (en particulier des Hindous évadés du camp de Rennes en mai-juin 1943 et plus tard un Russe).

- Il organise la cache des réfractaires du STO et fournit de fausses cartes (avec de vrais tampons qu'une jeune fille sort le soir de la mairie de Martigné-Ferchaud et remet en place le lendemain matin). Plus de 2000 jeunes seront ainsi camouflés.

- En tout, c'est plus de 150 aviateurs américains et anglais qui seront recueillis et leur rapatriement facilité. Des containers d'armes parachutés seront récupérés.

- Envoyés par le radio « Georges », de nombreux messages partiront vers Londres à partir de la maison des parents de Jean Richard où il a installé son poste émetteur. Ce centre d'émission radio du réseau Buckmaster sera d'ailleurs le point de départ du réseau de résistance d'Ille-et-Vilaine. L'appareil sera régulièrement déplacé afin de ne pas être repéré par les stations d'écoute allemandes. La radio sera ainsi déménagé un peu plus loin chez Monsieur Berthel, le percepteur. Il émettra également depuis la maison des demoiselles Créhin, une ancienne institutrice et une ancienne « bonne de curé » qui étaient agents de liaison. Celles-ci, les soirs d'émission, assurent le guet dehors, sans en avoir l'air, en promenant leur chien. Paul Gommeriel hébergé chez Monsieur albert Hamelin, oncle de Jean Richard, agriculteur à l'Ogaudière en Retiers, accueille également « Georges » pour quelques liaisons. Par la suite, toujours dans la nécéssité de déplacer le poste émetteur, « Georges » s'établit à Rennes et c'est Jean Richard qui prend en charge le transport du matériel. Rangé dans une petite valise bleue, il le transportera en prenant la « micheline ».

Arrestations

Fin 1943, malgré toutes les précautions exigées par la clandestinité, aidée par certains français stipendiés ou adeptes fanatiques de la collaboration, la Gestapo va durement ébranler le réseau en arrêtant des dizaines de résistants qu’elle déporte, souvent après des interrogatoires musclés.

Au cours de la nuit du 8 au 9 octobre 1943, la police de sûreté allemande de Rennes, accompagnée de Feldgendarmes de Châteaubriant, intervient dans le centre de Martigné-Ferchaud pour arrêter plusieurs personnes soupçonnées d’aider les « terroristes ». Les gendarmes sont les premiers visés. Leur sympathie pour l’action des Résistants locaux et leur aide aux réfractaires du S.T.O. (Service du Travail Obligatoire) n’ont pas échappé aux auxiliaires français de la « gestapo » chargés d’infiltrer la branche martignolaise du réseau « Oscar-Buckmaster ».

Dans la soirée du 8 octobre, le chef de brigade s’était vigoureusement opposé à l’un de ces sbires suite à l’arrestation de Clément Lebas, réfugié brestois. Vers 23 heures 30, l’immeuble de la brigade de gendarmerie est investi (rue Valaise à l’époque). Les quatre militaires présents, Jean-Baptiste Planchais, Victor Piete, Rogatien Guilemoto, Louis Martin, sont enchaînés et conduits à la prison Jacques Cartier à Rennes avant d’être transférés dans les camps de concentration nazis le 9 mai 1944.

Le 9 octobre, traqués par le sinistre François Kaminsky, un français à la solde de la Gestapo, plusieurs membres du groupe seront arrêtés dont le père de Jean Richard, Emile Richard âgé de 57 ans, ancien combattant de 14-18. A chacun de ses interrogatoires, il répondra : « Mon fils et moi, nous sommes français ».
Emprisonné le jour même à 22h00 à la prison Jacques Cartier de Rennes, Emile Richard sera transféré le 13 mars 1944 à Compiègne d'où il sera déporté le 6 avril 1944 vers le KL Mauthausen, Matricule 63059. Après privations et mauvais traitement, il décèdera, gazé, le 15 août 1944 à Hartheim en Autriche (Annexe 3).
Le même jour, Jean Gourhand, le fermier d’Emile Richard, résidant la même adresse est également arrêté.

Marie Gourhand qui était mariée depuis un peu moins d’1 an avec Jean Gourhand, se souvient très bien de cette journée du 9 octobre, lorsque les allemands ont arrêté son mari ainsi qu’Emile Richard et les gendarmes, mais aussi des journées qui suivront les arrestations; Les visites quotidienne de cette « petite saloperie avec son pétard » (Kaminsky); La perquisition de la maison Richard; L’occupation de la maison par les soldats allemands; La Kommandantur située dans les chambres au-dessus...

Dans les jours qui suivront d'autres arrestations auront lieu : André Maignan, Mignot, Raymond Poulain...
Dans la nuit du 27 au 28 novembre 1943, la quasi totalité de la famille Nobilet, les deux domestiques, « Georges » le radio et un étudiant rennais, Louis Moine, sont appréhendés à la ferme de la Talmachière à Saint-Brieuc-des-Iffs.
Arrêtée à son domicile également en novembre, Herminie Prod'homme réussit grâce à son courage à prévenir le Capitaine François Vallée qui parvient à s'enfuir et à gagner Paris où il reste en liaison avec les rescapés du réseau. Madame Prod'homme sera déportée à Ravensbrück où elle mourra le 24 février 1945, à l'âge de 42 ans.
Le 6 décembre 1943, la gestapo intervient au domicile Swingelstein à Rennes pour contrôler l'identité de tous les occupants. Ne trouvant sans doute pas ce qu'ils recherchaient, ils arrêtent Yvan Swingelstein (le fils âgé de 17 ans) qui est aussitôt conduit à la prison Jacques Cartier à Rennes. La gestapo lui présentera diverses photos dont celle de Jean Richard qu'il niera connaître. Yvan sera remis en liberté huit jours plus tard. La police allemande devait connaître cette adresse car elle était officielle et devait donc figurer sur des registres... C'est à ce moment là que la famille Zwingelstein comprit le rôle de Jean Richard qui n'était plus hébergé chez eux après l'été 1943.
Le 7 décembre 1943, Angèle Misériaux, mère de 6 enfants, sera arrêtée avec 5 autres personnes par la Gestapo. Elle mourra également en déportation.
En tout, 24 personnes auront été arrêtées à Martigné-Ferchaud et 12 mourront en déportation.

Traqué à nouveau, François Vallée se cache avec son frère Robert, ancien officier de marine devenu son secrétaire, et cherche à regagner Londres au plus vite. Mais, dénoncé aux Allemands, alors qu'il doit prendre un train à la gare de Lyon, il est arrêté par la Gestapo début février 1944, en compagnie de son frère et d'Henri Gaillot. Robert qui sera déporté au camp d'Elrich-Dora où il décède en février 45.
Interné à la prison de Fresnes, François Vallée est transféré en juin 1944 en Basse-Silésie, dans la prison de Rawicz, avec un groupe de 17 officiers alliés de la section F (France) du SOE et Henri Gaillot. Sur ordre d'Himmler, les officiers sont condamés à mort et transportés en camion au camp de concentration de Gross Rosen où ils sont fusillés à une date inconnue, vraisemblablement en août-septembre 1944.

Monsieur "Jean"

Prévenu par un gendarme juste avant les arrestations, Jean Richard a eu le temps de s'échapper en passant par derrière la maison familiale alors que son père restait. Il reçoit le 15 octobre 1943 l'ordre de quitter son centre d'action et de rejoindre l'armée De Gaulle en Angleterre. Avant son départ il participera à un dernier parachutage réussi d'armes et de munitions aux environs de Fercey sous le commandement du Capitaine François Vallée.

Une première tentative d’exfiltrage ayant échoué à Martigné Ferchaud du fait de la présence de la Gestapo et de la milice qui le recherchent activement, Jean rejoint Ruffigné (par l'intermédiaire de Bernard Dubois, son ami et chef de la Loire-Inférieure). Il restera 3 à 4 jours chez le maire Alexis Guérif avant d’être conduit, toujours par Bernard Dubois, chez le Général Allard. Jean est ensuite transféré dans la région de Pipriac où il est pris en charge par l'organisation d'Emile Guimard. Raymond Guillard du Roc St André vient avec Emile Guimard et Henri Tanguy le récupérer à Messac avec 4 Américains, Louis Glickman et John Semach (sûr) et très probablement William Cook et Joseph Burkowski. Henri Tanguy conduisait la camionnette des soeurs Mallard de Plumelec.
C’est à Plumelec qu’un jeune habitant de St Aubin, mécanicien de 19 ans, Henri Le Gal, résistant, fut arrêté au cours d'une rafle, torturé et fusillé à Penthièvre.
Jean Richard, connu désormais sous le pseudonyme de Monsieur "JEAN", gagne ainsi le maquis du Morbihan. Emile Guimard ne sachant vraiment où le mettre, c’est Raymond Guillard, agent de mission du réseau ACTION, qui propose de le cacher chez sa grand-mère, Madame veuve Julien COUDRAY qui demeure au lieu-dit Ste-Catherine en Lizio. Elle y tient un café en bordure de la route. Raymond Guillard habitait chez elle à l’époque alors que celle qui deviendrait son épouse, Marcelle DAVID,  y était employée. C’est elle d’ailleurs qui approvisionnait Mr Jean et qui lui remettait son courrier; des lettres qu’elle recevait à son nom mais qui comportaient un signe, une petite croix, dans le coin gauche des enveloppes indiquant que le courrier était pour lui.
Il y séjournera environ 1 mois et laissera l’image d’un homme impatient, pas très causant.
La situation devenant trop dangereuse, Raymond Guillard reçoit l’ordre de le transférer.
Il est alors caché à Saint-Servant-sur-Oust, chez les Bernard, deux frères retraités qui habitent une maison en haut de Saint Servant.
Trois aviateurs américains, Le sergent Ardell H. Bollinger, les Sous-sergents Joseph Markus Kalas et Leonard J. Kelly, étaient cachés chez les époux Boulvais dans leur maison dans la commune de « Le Hélé ». La situation devenant compliquée, Mme Boulvais en parla à Mme Mathurine Bernard qui après en avoir parlé avec son mari, Louis, proposa de les héberger chez eux en compagnie de Monsieur Jean et semble t’il d’un autre aviateur américain nommé Wayne Bogard.
Leur maison se trouve proche de celle d’Emile Perrotin, agriculteur, qui avait participé à leur approvisionnement tout comme Raymond Guillard, une fois ou deux, car il avait un cousin qui était épicier en gros et qui lui donnait des conserves et autres… Ils étaient aussi approvisionnés par le boucher de Saint-Servant, Marcel Paillot.
Il est possible à ce moment là que Mr Jean ait travaillé chez Emile Perrotin, agriculteur installé à côté de chez les Bernard.
Jean devait être rapatrié par quelqu’un d’Avranche. Une dame, semble-t’il habilitée pour cette opération, est venue un jour avec une camionnette boulangère pour récupérer des résistants et aviateurs américains. Ils devaient ensuite partir par une vedette rapide pilotée par un allemand qui prenait 50 000 francs à l’époque par voyage pour les conduire en haute mer.
Comme ils voulaient absolument passer en Angleterre mais qu’il n’y avait pas de chef de la résistance sur place, Raymond Guillard prit la décision de les faire partir. Un responsable de la résistance départementale est arrivé sur le coup ; il s’est fâché et a menacé Raymond Guillard de représailles en lui disant qu’il n’avait pas à prendre de décision comme ça.

La dame repartit donc seule.

Très mécontent de cette situation, Jean et les américains prirent alors la décision de partir tout de même. Ils furent alors pris en charge par deux gars du secteur, SIMON, huissier à Plumelec et Louis BOULVAY de St-Servan sur Oust.
Le 15 décembre 1943 Monsieur Boulvais reçoit un ordre de son commandement. Il va devoir diriger le groupe d’américains sur Douarnenez dans le Finistère. Il faudra passer par Plumelec dans le Morbihan où ils rejoindrons deux résistants Louis Simon et Joseph Le Barbier qui ce dernier dans sa camionnette les transportera à la gare de Vannes.
Avant le départ Monsieur Boulvais est prévenu que Monsieur Jean fera parti du groupe déjà constitué. Haut responsable de la résistance, il doit absolument quitter le pays, sa tête étant mise à prix.
Après réflexion, Monsieur Boulvais annoncera au groupe qu’ils vont devoir rejoindre Plumelec à pied soit une distance approximative de 15 kilomètres. Tout se passe au mieux. A l’arrivée, les Américains sont heureux de voir Monsieur Simon parler anglais, cela facilitera bien les choses. Un bon repas est pris au domicile des époux Le Barbier. A la fin du repas Monsieur Le Barbier leur annonce qu’il a réfléchi et que c’est risqué de parcourir cette route de Vannes dans sa voiture, tous ensemble, surtout avec trois d’entre eux dont les fausses cartes d’identités en ont fait des sourds et muets.
Cela ne passerais pas lors d’un contrôle. Ils seraient tous arrêtés.
La décision est prise, ils partiront à pied, la distance à parcourir est de 25 kilomètres. Avant l’arrivée à Vannes il sera nécessaire de séparer le groupe puis de voir si tout le monde est habillé comme il faut et que rien ne puisse attirer l’attention des occupants surtout pour les trois aviateurs.
Tout se passe pour le mieux mais hélas à l’arrivée en gare, le train est déjà parti et de plus le contact prévu n’est pas là. L’inquiétude est dans tous les esprits. Les Allemands sont omniprésents et les sentinelles font des va et vient sur les quais. Il va falloir agir prudemment et surtout ne pas se faire repérer et bien prendre le train suivant dans des wagons différents. Monsieur Simon qui est à la recherche du contact revient très vite en sa compagnie, ce contact est venu de Douarnenez pour les guider.
Le contact informe aussitôt l’inconnu du groupe (Monsieur Jean Richard) qu’il devra descendre à Quimper. Une personne l’attendra.
Arrivé à Quimper, alors que ses compagnons changent de train pour Douarnenez, Jean est pris en charge et hébergé par Madame Forget chez qui il restera caché près d’un mois.
il rejoint enfin Douarnenez d'où il s'évadera clandestinement de France de nuit à bord d'une pinasse, le «Breizh Izel», avec d'autres résistants, des aviateurs anglais et américains dont ses 3 compagnons de route, Bollinger, Kalas et Kelly. pour rejoindre l'Angleterre.

Dans cette fuite, Jean perdra un (peut-être plusieurs) ami qui, ne voulant rejoindre l'Angleterre, sera arrêté, emprisonné et fusillé à Penthièvre (souvenir d'enfance également rapporté par des amis mais le ou les noms restent inconnus).


Extrait du rapport que Bollinger rédige à son arrivée en Angleterre à la Patriotic School.
https://nara-media-001.s3.amazonaws.com/arcmedia/nw/305270/EE-335.pdf
http://www.absa3945.com - L'histoire de l'équipage du B17 Jolly Roger

L'évasion à bord du « Breiz Izel »

Ce départ aura été une aventure à haut risque. En effet, ici à Douarnenez, du haut de ses 21 ans, Jean Richard qui « voyage » probablement sous un faux nom est un inconnu.

Et un inconnu, ça intrigue...

Ca cache peut-être quelque chose...

Les passeurs se méfient des « résistants français » qui parfois ont caché des français à la solde de la Gestapo. Ils préfèrent généralement embarquer uniquement des aviateurs et officiers anglais et américains.
De plus les ports sont très surveillés par les allemands. Un premier départ était judicieusement prévu pour la nuit du 24 au 25 décembre 1943 afin de profiter des festivités pour détourner l'attention.

Malgré les menaces de représailles car la nouvelle a filtré, les volontaires s'emparent vers 23h00 de la « Jeanne ». Hélas pour eux, ne pouvant mettre le moteur en marche, ils évacuent le bateau et rejoignent le rivage pour être cachés dans des maisons amies.

C'est un jeune père de famille, patron pêcheur qui va prendre la responsabilité d'organiser la fuite.

A l'approche de l'arrivée, la fatigue se fait sentir à bord du Breiz Izel. Assis à droite au deuxième rang : Gabriel Cloarec - En médaillon: le jeune Jean Richard

Le 22 janvier 1944, après un court dîner où personne n'est en appétit, Gabriel Cloarec organise l'embarquement à bord du « Breiz Izel » puis, entre 10 et 11 heures, c'est le départ. La barque glisse sur l'eau calme, sous le regard des femmes qui du haut de la falaise suivent l'opération. Sous le regard également d'un guetteur allemand qui, attendant un signal qui jamais n'arriva, ne tira pas sur le « Breiz Izel ».

La traversée sera terrible ! La cale du bateau avait été calfeutrée pour qu'il soit le plus silencieux possible. Les odeurs de fuel associées à une tempête hivernale quand le bateau se trouva en pleine Manche incommodèrent les passagers qui vomissaient.

A l'approche de l'arrivée, la fatigue se fait sentir à bord du Breiz Izel. Assis à droite au deuxième rang : Gabriel Cloarec.
En médaillon : le jeune Jean Richard

Au total, il semble que 32 hommes soient montés à bord parmi lesquels des résistants français, des chefs de réseaux et des aviateurs US (dont James « Jim » Armstrong, Commandant d’un B17 abattu le 6 septembre 1943) et anglais (Annexe 4).

Photographies prises par Yves Vourc'h lors de l'arrivée du Breiz Izel en Angleterre.
Avec l'aimable autorisation de Anne Ploux Vourc'h et de ses neveux. Copyright "droits réservés"

L’Angleterre et la Deuxième DB

Les évadés sont parvenus à bon port à Falmouth. Après un repas au porridge, ils se sont levés à 8 heures et ont pris le train pour Londres. - Là, ils débarquent dans l'univers clos de la « Royal Victoria Patriotic School » où ils seront interrogés sur tous les sujets possibles.


Jean Richard - Rapport de la Patriotic School = RPS 18793

Après ce « filtrage », Jean Richard est engagé volontaire le 24 janvier 1944 au titre du 4ème Bataillon d'Infanterie de l'air à Auclunleck, en Ecosse. Ne pouvant rester dans les parachutistes, sa tête étant mise à prix en France, il est muté en avril au Camp de Camberlay puis est affecté à l'Etat-Major du Général Koenig à Londres.

Il y reste jusqu'en juillet 1944, date à laquelle il rejoint le Bataillon de Renfort de la Deuxième Division Blindée, une unité exceptionnelle commandée par un officier hors du commun, le Général Leclerc. Il est affecté plus précisément au 1er Régiment de Marche du Tchad (RMT), le bataillon commandé par le colonel Dio.

Ce régiment glorieux est né d'un pari audacieux fait le 2 mars 1941 à Koufra, en Lybie, par le colonel LECLERC: « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ».
Avec la 2ème DB, jean Richard débarque début Août 1944 sur la plage « d'Utah Beach » en Normandie et participe à la campagne de France ; il sera l'un des premiers à entrer dans Strasbourg et ira jusqu'en Allemagne.

Après trois années,
le pari audacieux de Leclerc est tenu.

Au sein de cette glorieuse 2ème DB, Jean Richard gagnera la Croix de Guerre et plusieurs citations.

Strasbourg avec la 2ème DB
Décembre 1944 - 4ème compagnie du 1er bataillon du RMT à Strasbourg

Lettres du Soldat Jean Richard (US Army) à sa famille :

« Bien chère Maman, Bien cher Grand père,
Excusez ma brièveté ... Je suis très pressé car nous partons pour l'Allemagne dans quelques heures. Nous travaillons à bord de nos chars. Dans quelques temps je vous écrirais plus longuement. Pour vous dire où je serai, vous prendrez dans mes prochaines lettres la première lettre de tous les mots de la première phrase... A bientôt, je suis heureux de partir pour l'Allemagne.
»

« Chère Maman,
Un petit mot bref. J'espère que vous avez eu mon petit mot vous annonçant mon départ pour l'Allemagne. C'est de ce pays que je vous envoie ce petit brouillon. J'ai très peu de temps. Je suis près de Munich. Pour le moment, les boches sont en pleine déroute. Ils reculent plus vite que nous n'avançons. Nous vivons bien et nous faisons servir dans les salles à manger. Ils payent les 4 ans d'occupation. J'espère que vous êtes tous les deux en bonne santé. A bientôt de vos nouvelles. Bonjour aux amis ...
»

Son retour au pays en 1945 sera de courte durée. Déjà largement « décoré » : croix de guerre avec palme, médaille d'évasion, médaille interalliée, médaille de l'armée gaulliste, médaille des combattants volontaires, Fourragère de la libération, il refuse d'être démobilisé. Tenant à suivre son chef jusqu'au bout, il rejoint rapidement la Division Leclerc qui va représenter la France en Indochine dans une dernière campagne avant la reddition du Japon. Il intègre le 4ème RMT du Lieutenant colonel Massu qui participera à la libération de Hanoï en Mars 1946; son chef direct sera un certain « Raymond Dronne ». Cette mission durera du 20.10.1945 au 07.10.1946.

En route pour Strasbourg avec la 2ème DB
En route pour l'Allemagne à bord de leurs véhicules sommairement repeints en blanc

Dernière lettre de Jean Richard à sa chère maman avant son départ pour l'Indochine : (A son départ pour l'Extrême-Orient, il vient de recevoir la plus haute distinction de l'armée américaine : la Presidential Unit Decoration.)

Maria Richard

« Un mot ... voici ma nouvelle adresse ... Je pars cette nuit. Surtout ne vous affectez pas. Fidèle à la parole donnée à De Gaulle, il est de notre devoir d'aller partout ou les intérêts français sont en jeu. Les troubles déjà éclatent en Indochine, joyau de notre empire. La deuxième division blindée montrera une fois de plus sa grande valeur au combat. Nous restituerons à la Patrie une belle colonie ; ensuite, notre mission terminée, nous reviendrons au pays natal. »

Maria Richard décède durant le second trimestre de 1947.


A l'initiative de Maria Richard, membre de la Résistance, et avec l'aide de mademoiselle Créhin, un monument sera érigé à Martigné-Ferchaud début Janvier 1950, à la mémoire de Madame Angèle Misériaux et des cinquante camarades morts ou disparus en déportation.

Le discours d'inauguration de Pierre Morel se termina sur ces mots : « Mesdames et Messieurs, rappelez vous toujours que ce monument perpétue le souvenir d'un officier allié et de Français qui n'ont pas hésité à faire le sacrifice de leur vie pour que nous soyons libres. »

Jean Richard effectuera deux autres missions en Indochine :

- Au cours de la mission qui durera du 30 janvier 1950 au 06 avril 1952, il sera blessé en service commandé par balle à la jambe droite le 30 avril 1950.

- Il se réengage le 2 novembre 1952 pour une durée de 3 ans et repart en Indochine du 05 avril 1953 au 06 mars 1955

Rapatrié, Jean Richard sera muté en 1958 et quittera l'infanterie de Marine - 43e B.I.C (10e R.M.) pour rejoindre l'infanterie métropolitaine - 7e R.I. (10e R.M.) Renforts Provisoires - Garnison de Rattachement - Toulouse (5e R.M.).

Il terminera sa carrière militaire en Algérie où il restera 6 ans.

Jean Richard en Indochine
Jean Richard en Indochine


C'est là, à Constantine, qu'il rencontrera celle qui deviendra sa femme, Huguette Attali. Institutrice, elle est la fille d'un tailleur qui tient, rue Zevaco, sa petite boutique face à un magasin de disques tenu par Sylvain Ghrenassia, violoniste et père de Gaston Ghrenassia, futur Enrico Macias.

De retour en France, il entre au Trésor Public et s'installe en 1968 à Grez-en-Bouère dans le Sud de la Mayenne avec ma mère qui prend un poste d'institutrice dans le même village et moi-même alors âgé de 4 ans.

Il intègre aussitôt l'Association mayennaise des Anciens de la Deuxième DB.

Toujours juste et droit il ne laissera personne indifférent dans sa hiérarchie comme dans son canton.

Jean Richard et les anciens de la 2ème DB de la Mayenne

Les Pelouses au début du vingtième siècle Les Pelouses au début du vingt-et-unième siècle
1968 : La famille Richard s'installe à Grez en Bouère, aux « Pelouses », la propriété où j'ai grandi.

Jean et ses copains à la pècheRefusant les promotions synonymes de mutation, il restera fidèle à Grez-en-Bouère où il partagera sa vie entre sa famille, son travail et ses amis.







Jean (en blanc) et ses copains dont Robert Saindon à la pèche.

Légion d'Honneur

En compagnie de sa femme, Huguette, Jean Richard est fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 18 Juin 1992

18 Juin 1992 - 52 ans se sont écoulés depuis l'appel du Général de Gaulle. Des mains de son ami Yannick Letourneurs du Val, Président de l'Association des Anciens de la 2ème DB de la Mayenne, il reçoit la plus haute décoration française instituée par Bonaparte en 1802.



Jean Richard est fait
Chevalier de la Légion d'Honneur.



18 janvier 2007 - En ce Jour des Justes, après une vie de combat, d'abord contre l'oppresseur, à la fin contre la maladie, le vieux combattant s'éteint.

Grâce à ses anciens et à ses nouveaux compagnons, Jean Renaud, Angèle et Marcel Misériaux, Melles Créhin, Pierre Morel, Daniel Jolys, Bernadette Poiraud, Yannick Letourneurs du Val et tous les anciens de la 2ème DB de la Mayenne, grâce aussi à tous ses anciens amis de Martigné-Ferchaud et aux « nouveaux » du canton de Grez-en-Bouère, sa mémoire restera ancrée en nous ... et l'Histoire prend forme.

« ... Je vous quitte, mais je ne quitterai pas l'insigne de notre division, je le conserverai car ce sera ma plus belle décoration ... »
Dernières paroles du Général Leclerc à ses troupes lors de ses adieux à la 2eme DB le 22 juin 1945 alors que celles-ci s'apprêtent à embarquer pour l'Indochine.




14 Mai 2007 - Moins de 4 mois ce sont écoulés - Ma mère très affaiblie par la maladie et la disparition de mon père le rejoint.


Mars 1945, Jean Richard portant l'insigne de la 2ème DB
Mars 1945, le soldat Jean Richard portant l'insigne de la 2ème DB

L'insigne de la Glorieuse 2ème DB
L'insigne de la Glorieuse 2ème DB
L'insigne du Régiment de mon père, le fameux Régiment de Marche de Tchad (1er RMT)
L'insigne du Régiment de mon père, le fameux Régiment de Marche de Tchad (1er RMT)

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Yann Richard

Remerciements

Mon père ayant toujours été très secret sur ces dures années de guerre qui l'on beaucoup marqué (mort dramatique d'amis (l'un d'eux fut fusillé à Penthièvre) mais surtout de son père en camp de concentration, décès de sa mère peu de temps après la guerre), je ne disposais que d'informations éparses sur sa vie militaire. A ma grande surprise, certains amis de longue date, camarades de la 2ème DB ne connaissaient qu'imparfaitement son passé de résistant.

Je remercie tout particulièrement Madame Bernadette Poiraud qui m'a fait connaitre l'ouvrage collectif de La Mée, Monsieur Pierre Morel, résistant et ancien compagnon de mon père, Monsieur Daniel Jolys et Monsieur Raymond Guillard pour les renseignements, transcriptions et bibliographies qu'ils m'ont fourni.

Un certain nombre de sites m'ont permis d'avancer dans mes recherches, l'ouvrage collectif de la Mée et dernièrement un site racontant l'épopée de 3 aviateurs américains qui s'évadèrent de France à bord du Breizh Izel.

Merci enfin à toute personne se souvenant de mon père et qui pourra me fournir des renseignements et/ou des photos de mon père en Bretagne, en Angleterre, en Indochine ou en Algérie.

E-mail : y-richard@wanadoo.fr