- La guerre
- Entrée en résistance
- La rencontre
- Une organisation
- Des résultats
- Arrestations
- Monsieur "Jean"
- L'évasion à bord du « Breiz Izel »
- L’Angleterre et la 2ème DB
- Légion d'Honneur
- Remerciements
- Résumé
- Bibliographies
- Annexes
- Patriotic School Report

Jeudi 18 Janvier 2007 - Le jour des justes


Jean Richard

« Une vie de combattant »

Annexes

RPS 18793 - Jean Paul Émile RICHARD, étudiant en droit, né le 30 septembre 22, a quitté DOUARNENEZ en s’évadant à bord du Breiz Izel, un bateau de pêche, le 21 Janvier 44. Arrivé U.K.23 Janvier 44. Comme tous les évadés de France entrant au Royaume Uni, il passe par les services secrets de la Royal Patriotic School.

A lire également :

- Le Rapport complet de la Patriotic School concernant Jean Richard - Rapport déclassifié fin 2016

- La traduction du Rapport du 28 janvier 1944

- La traduction du Rapport du 2 février 1944

Résumé

Le 18 janvier 2007, jour des justes, un vieux combattant s'est éteint.

Jean Richard, organisateur de la résistance et chef du réseau Oscar-Buckmaster à Martigné-Ferchaud (35) entre 1942 et 1943 avait ensuite rejoint l'Angleterre en s'évadant de Bretagne à bord du "Breiz Izel" alors que sa tête était mise à prix. En Angleterre, Il intègre la 2ème DB du Général Leclerc. Avec elle, il débarque début Août 1944 en Normandie sur la plage d'Utah Beach et participe à la Campagne de France. Déjà largement décoré à la fin de la guerre, il refuse d'être démobilisé et rejoint rapidement la Division Leclerc qui va représenter la France en Indochine dans une dernière campagne avant la reddition du Japon. Après plusieurs missions en Indochine, il termine sa carrière militaire en Algérie où il reste 6 ans. Il y rencontrera à Constantine celle qui deviendra sa femme, Huguette Attali. De retour en France, il s'installe avec sa famille à Grez en Bouère (53) et intègre l'Association des Anciens de la 2ème DB de la Mayenne. Le 18 Juin 1992, il reçoit des mains de son ami Yannick Letourneurs du Val, Président de l'Association des Anciens de la 2ème DB de la Mayenne, la plus haute décoration française instituée par Bonaparte en 1802 ; Jean Richard est fait Chevalier de la Légion d'Honneur.

Bibliographies

Les informations présentes dans ce document et relatant le passé de résistant de mon père, Jean Richard, proviennent de :

- L'encyclopédie Wikipedia pour les informations sur le S.O.E.

- Liste des réseaux de la section F du SOE
- Liste des agents du SOE

- Monsieur Pierre Morel ainsi que le livre « Des anglais dans la résistance : Le Service Secret Britannique d'Action SOE en France 1940-1944 » de Michael R.D. FOOT pour les informations concernant le SOE et le réseau OSCAR-BUCKMASTER transcrites dans l'Annexe 1.

- L'ouvrage collectif de La Mée « Telles furent nos jeunes années » intégralement reproduit sur le site http://www.chateaubriant.org qui décrit également les faits de résistance à Martigné-Ferchaud (voir en Annexe 2).

- Différentes dépèches de journaux d'époque ainsi que des cahiers de Mademoiselle Créhin (voir en Annexe 4).

- Le livre de Roger Huguen : « Par les nuits les plus longues 0187 et celui de René Pichavant : « Clandestins de l'Iroise - 1943-1944 » Edition 1986 Tome 3 dans lesquels on peut lire des chapitres concernant l'évasion à bord du « Breiz Izel » et où l'on peut voir une série de photos présentant les évadés du Breiz Izel dont mon père (voir en Annexe 4).

- Les informations présentées en Annexe 5 concernant le Maréchal Leclerc, la 2ème DB et le 1er Régiment de marche du Tchad proviennent du site de la 2ème DB : http://2db.free.fr ainsi que de Wikipedia : 2e Division Blindée

- Daniel Jolys m'a donné copie des transcriptions de souvenirs de mon père qu'il a recueilli entre 1996 et 1999 et m'a fourni des renseignements sur le réseau Oscar.



Un grand merci également à tous les amis de mon père, anciens de la 2ème DB, pour les renseignements et anecdotes dont ils ont bien voulu me faire part.

Annexes

Annexe 1 : S.O.E. (Special Operations Executive) : La contribution britannique à la réussite de la Résistance française et à la libération de la France

Résumé de l'activité générale du réseau Oscar-Buckmaster

Annexe 2 : La Résistance à Martigné-Ferchaud

Annexe 3 : Emile Richard

Annexe 4 : A bord du Breiz Izel

Annexe 5 : Documents et photographies

Soldier's service and Pay Book de Jean Richard

Annexe 6 : L'histoire d'un homme charismatique : Philippe Leclerc de Hauteclocque

La Deuxième DB

Le régiment de marche du Tchad

Annexe 7 : Citations et décorations

Annexe 1
S.O.E. (Special Operations Executive) : La contribution britannique à la réussite de la Résistance française et à la libération de la France

Dans les heures les plus sombres de la Deuxième Guerre Mondiale, alors que les unes après les autres les nations européennes étaient envahies pas l'Allemagne, l'Angleterre resta seule face aux combats.

Même si toute idée d'invasion du continent était inenvisageable avant longtemps, Winston Churchill comprit que le seul combat possible était le harcèlement de l'ennemi par des actions de guérilla. Il était donc essentiel que la flamme de la résistance, prônée par De Gaulle dans son discours du 22 juin 1940, ne s'éteigne pas. Pour cela, la résistance avait besoin de devenir efficace ; il fallait donc former les résistants, leur fournir du matériel et coordonner leurs actions. Bref, la résistance devait mener des actes de subversion et de sabotage contre l'ennemi et éventuellement participer activement avec les forces armées à la libération de l'Europe.

C'est dans se but que fut fondé SOE le 22 juin 1940. SOE, l'une des plus grandes créations de la Deuxième Guerre Mondiale, dont le premier chef, Sir Franck Nelson, reçut pour consigne de la part de Churchill de " mettre le feu à l'Europe ".

Cette tache fut rendue complexe par plusieurs facteurs :
- SOE avait peu de moyen et devait agir sur tous les fronts de guerre à travers le monde ;
- En dehors de la Pologne, les pays occupés n'avaient de tradition de résistance et de clandestinité.

SOE devait donc tout apprendre à ces hommes et à ces femmes entrés en résistance. Elle les entraina aux techniques de guérilla et les forma à l'emploi des explosifs, au sabotage, au codage, à l'utilisation des postes émetteurs secrets, aux impératifs de sécurité.

SOE en France

Le Recrutement

Pour agir en France, SOE avait besoin d'agent capable de vivre en France en se faisant passer pour des citoyens français. La plupart des individus sélectionnés étaient de nationalité britannique mais très vite des étrangers venant d'Europe Occupée affluèrent en Grande Bretagne et furent " contactés " par SOE.

C'est là qu'intervint The Royal Victoria Patriotic School à Wandstworth, dans le Sud de Londres

Tout étranger débarquant en Grande Bretagne et dont l'identité n'était pas garanti y subissait un interrogatoire qui pouvait durer quelques jours et qui permettait d'obtenir le récit exact de celui ou celle qui s'était évadé. Ce filtre d'une remarquable efficacité permis de déceler des agents allemands tentant de s'infiltrer.

Les différentes sections de SOE

Plusieurs sections du SOE concernaient directement la France :

- La section F :
De conception totalement britannique, elle fut conçut pour appuyer la Résistance avec un seul objectif : la victoire. Ses réseaux furent connus après la guerre sous les noms de réseaux " Buckmaster ", d'après le nom du chef de cette section.

- La section RF :
Créée bien plus tard, elle était sous le contrôle du général De Gaulle dont la vue d'ensemble dépassait largement la victoire. Son rôle était de donner un appui aux FFL. Ses agents furent largement formés par SOE.

- La section DF :
Elle avait la lourde tache d'organiser les routes d'évasions afin de rapatrier les agents SOE en Grande Bretagne.

- La section EU/P :
Elle s'occupait des importantes communautés polonaises basées en France.

- La section AMF :
Créée à Alger après novembre 1942, elle opérait dans le midi de la France.

- JEDBURGH :
Des groupes formés et armés par SOE et généralement constitués d'un britannique, d'un américain et d'un français furent envoyés en France avec la tache de coordonner le soulèvement armé des groupes de résistance avec les plans envisagés par les alliés.

L'entrainement

Un point très important quant à l'entrainement desfuturs agents SOE était qu'ils étaient tous volontaires mais qu'ils pouvaient se retirer à tout moment pendant leur entrainement sans risque de remarque dérogatoire sur leur fiche de service.

L'entrainement d'un candidat à la section F durait environ 6 à 8 mois et se déroulait et se déroulait en 3 temps :

1. L'école d'entrainement de Wanborough Manor près de Guilford servait de cadre à la phase préliminaire. Le but de son programme était de juger l'aptitude des candidats pour leur rôle, sans en dévoiler la nature exacte. Cela évitait que la sécurité soit compromise en cas de rejet du candidat.

2. Les candidats passant ce premier stage continuaient leur entrainement avec une difficile formation paramilitaire dans les montagnes d'Ecosse.

3. C'est au cours de la troisième étape, dans le Hampshire, que leur étaient enseignés les règles de sécurité de la vie clandestine d'un agent secret et les besoins nécessaires pour survivre dans le pays précis où ils allaient être envoyés.

D'autres écoles spécialisées enseignaient la formation d'opérateur radio, le parachutage, le sabotage industriel, l'atterrissage clandestin d'avion, ...

La Campagne

La section F envoya environ 470 agents en France pour organiser les réseaux. Ils furent soit parachutés soit posés au sol par avion soit déposés sur la côte par bateau ou sous-marin. A la tête des réseaux, ils étaient souvent constitués d'un chef, d'un opérateur radio pour assurer les communications avec Londres et d'un courrier pour distribuer les messages à l'intérieur du réseau. Selon l'ampleur du réseau, ils pouvaient recevoir un responsable pour l'organisation de parachutage et la réception des stocks et des agents. Parmi eux, Beaucoup de femmes se sont distinguées comme opérateurs de radio ou comme courriers. Sur le terrain, elles présentaient l'avantage de se faire moins remarquer qu'un homme d'âge militaire.

A l'approche du Débarquement en Normandie, le commandement des opérations du SOE fut transféré au SFHQ sous la direction de SHAEF du Général Heisenhower. Le Général Koening, qui avait déjà été nommé Chef des FFI, prit le commandement des sections Fet RF le 1er juillet 1944.

Ravitaillement

Entre 1941 et 1944, plus de 10 000 tonnes de matériel de guerre, la plupart armes légères, munitions et explosifs furent expédiés par SOE aux comités de réception en France. Pendant la période clandestine, les armes envoyées étaient choisies pour ne pas être identifiées comme venant de Londres. Il s'agissait, pour le combat ouvert, d'armes d'usage courant pouvant utiliser les munitions prises aux allemands.

Opérations maritimes et aériennes

Pendant les premiers mois de son existence, SOE n'avait pas d'autres options que d'utiliser le transport maritime pour le transfert clandestin d'agent et de matériel. Et même plus tard, alors que le transport aérien put offrir généralement une meilleure solution, le transport maritime continua d'être assuré surtout dans le sud du pays.

Le transport aérien du SOE fut assuré par la RAF. Plusieurs escadrilles intervinrent, d'abord la N°138 qui fut rejointe ensuite par la N°161. Les deux escadrilles se spécialisèrent alors, la N°138 assura les parachutages alors que la N°161 s'occupa des atterrissages. Grace à cette organisation, plus de 1200 agents et plus de 10 000 tonnes de matériel furent parachutés.

Radio

Elément vital des activités de presque tous les réseaux, les liaisons radio étaient extrêmement vulnérables car facilement repérables si les opérateurs émettaient trop longtemps et/ou sans changer d'emplacement. Et si les opérateurs se déplaçaient, ils courraient le risque d'être repérés, d'être arrêtés et de dévoilés des informations sur leurs activités.
Pour réduire les risques et faciliter pour la Résistance la réception de message important tel l'annonce d'un parachutage et plus tard l'appel à la Résistance de prendre les armes au moment du Débarquement, SOE utilisa les services de la BBC et envoya par ce biais un grand nombre de " messages personnels " facilement écoutables sur un simple poste de TSF.



Résumé
de l'activité générale du réseau Oscar-Buckmaster

par Monsieur Pierre Morel - Liquidateur du réseau Oscar-Buckmaster - 6 Aôut 1948

Annexe 2
La Résistance à Martigné-Ferchaud

Tiré de l'ouvrage collectif de la Mée : Telles furent nos belles années

Marcel MISERIAUX a 15 ans lors de la déclaration de guerre. Sa mère, Angèle, prévient immédiatement ses enfants (18 ans, 15 ans, deux jumeaux de 13 ans, 9 ans, le fils de 20 ans est déjà mobilisé) : « il faudra faire tout ce qu'on pourra pour que les Allemands ne gagnent pas cette guerre ». La ferme de La Haye Veillette accueille donc les évadés, les réfractaires du STO, voire les aviateurs anglais parachutés. Angèle MISERIAUX, femme de caractère, sait que les Allemands achètent les chevaux à un bon prix, mais elle refuse cet argent-là. Avec son accord, son fils Marcel «triche» lors des réquisitions. Un jour, il présente trois fois la même vieille jument dont un voisin ne veut plus. Mais le garde-champêtre a repéré le manège et diligenté le passage de la commission de contrôle. « Nous nous étions méfiés » dit Marcel Misériaux, « nous avions caché deux bonnes juments dans un pré éloigné, et effacé toutes les traces. Il ne restait à l'écurie que deux poulinières et l'étalon autorisé, et ceux-là ils n'avaient pas le droit de les prendre ». Il ne se passe donc rien ce soir-là mais la ferme est mise sous surveillance, marquée d'une croix blanche faite à la chaux grasse.

Des jeunes de Martigné-Ferchaud, étudiants à Rennes, en particulier Jean RICHARD, lancent le réseau de Martigné, dans le cadre de Buckmaster-Oscar. Ils sont en contact avec Mme PRODHOMME (pseudo Herminie) et Bernard DUBOIS.

De Martigné partent de nombreux messages vers Londres, envoyés par le radio GEORGES, à partir de la maison des demoiselles CREHIN, une ancienne institutrice et une ancienne « bonne de curé ». Celles-ci, les soirs d'émission, assurent le guet dehors, sans en avoir l'air, en promenant leur chien.

Jean RICHARD est le chef du secteur de Martigné. René BICHELOT enseigne le maniement des armes. Le groupe organise la cache des réfractaires du STO, fournit de fausses cartes (avec de vrais tampons qu'une jeune fille sort le soir de la mairie de Martigné et remet en place le lendemain matin. Deux Résistants de Mordelles et St Aubin des Cormier fournissent aussi de fausses cartes. Ils mourront en déportation). Le groupe de Martigné trouve une quinzaine de fermes suffisamment discrètes, pour accueillir des personnes en « situation irrégulière », en particulier des Hindous évadés du camp de Rennes en mai-juin 1943 (et plus tard un Russe). La ferme des Misériaux sert de cache de nombreuses fois, même pour un pilote américain. « Je faisais plus jeune que mon âge », dit Marcel Misériaux. « J'étais chargé d'aller porter les fausses cartes que je transportais cachées dans mes souliers. Sans elles les gars camouflés ne se risquaient pas à sortir ».

« Le lieu de rassemblement était, soit chez nous, à la Haye Veillette, soit dans une grande baraque que nous avions montée au coeur d'un fourré au fond d'une ancienne carrière remplie de branchages. On ne pouvait pas la voir d'en haut. Tout le quartier en connaissait l'existence. Personne n'en a jamais parlé. A force de chercher, le garde-champêtre a fini par la localiser. Mais nous avons été prévenus : quand il s'est présenté, en pleine nuit, avec des Allemands, il n'a trouvé qu'un gros tas de fagots ! »

Différents parachutages ont lieu dans la région de Martigné, au signal des messages « Cette nuit tous les chats sont gris » (août 1943), « Les poissons du lac sont rouges » (septembre 1943),

Un jour cependant, le 9 octobre 1943, le jeune L. est pris. Quatre (sur 5) des gendarmes français refusent de le garder : ils sont arrêtés aussitôt, ainsi que le père de Jean RICHARD*. Le jeune L. s'enfuit. En le recherchant, les Allemands s'arrêtent dans une ferme. La fermière leur confectionne une bonne omelette ... permettant ainsi au jeune L. de s'enfuir. Il se rend d'abord à La Haye Veillette. A 23 heures, Marcel Misériaux conduit le jeune L. dans le grenier à foin d'une autre ferme, tandis que Jean Richard se cache à son tour à La Haye Veillette (Si les Allemands étaient venus cette nuit-là, cela aurait été grave pour tout le monde ...).

Dès 4 h le lendemain matin, le jeune L repart. Les Allemands le capturent à Bain de Bretagne et le font parler. Même s'il ne dit pas tout, il en dit trop. (il n'est d'ailleurs pas le seul à avoir parlé) ; Dans la nuit du 2 au 3 novembre est arrêté André MAIGNAN. Une semaine plus tard c'est le tour de MIGNOT (qui possède un poste-émetteur). Le 29 novembre est arrêté Raymond POULAIN, puis le 7 décembre Angèle MISERIAUX et cinq autres personnes sont arrêtées aussi. « Heureusement, ils n'ont pas fouillé : il y avait des armes dans la cave et je n'avais pas eu le temps de cacher les fausses cartes dans le tas d'avoine du grenier comme d'habitude » raconte Marcel Misériaux.

« J'ai demandé à partir à la place de ma mère : non, nous voulons la responsable de la maison » lui répond-on. En tout 24 personnes seront arrêtées à Martigné, 12 mourront en déportation.

La nuit suivante, Marcel Misériaux livre ses fausses cartes, et cache les fusils dans une émonde creuse. « On n'a pas dormi. On a fait disparaître les papiers de peur que les Allemands reviennent. Ma mère a été emmenée à Châteaubriant, puis à la prison des femmes de Rennes. Quand le train est passé en gare de Martigné, un marchand de cochons a pu lui lancer une couverture. Ma mère a été ensuite internée au fort de Romainville puis envoyée à Ravensbrück. Je ne l'ai jamais revue. J'ai simplement reçu d'elle un message, jeté sur une voie ferrée, disant « Prenez bien soin de ma petite Raymonde ». Ma mère est morte gazée à Ravensbrück en janvier 1945 : nous en avons eu le témoignage par une femme de la Vienne, qui était du même châlit ».

« Ma mère, malgré ses six enfants, avait consciemment fait le choix de la Résistance. Autour d'elle le groupe avait fait tache d'huile. Les Allemands n'ont pas pu arrêter tout le monde » conclut Marcel Misériaux.

Annexe 3
Emile Richard

Tiré de Fondation pour la Mémoire de la Déportation et de Mémorial Gen Web : Emile Richard et complété par Yann Richard

RICHARD Émile. Né le 24 novembre 1886 à Martigné-Ferchaud (35). Il a été arrêté le 9 octobre 1943 à Martigné-Ferchaud en raison de son appartenance au réseau Buckmaster de Martigné-Ferchaud. Le même jour à 22h00, il est emprisonné à la prison Jacques Cartier de Rennes. Il est transféré le 13 mars 1944 à Compiègne d'où il est déporté le 6 avril 1944 vers le KL Mauthausen. (Matricule 63059) puis à Hartheim * (Autriche) où il décéda, gazé, le 15 (ou le 16) août 1944... (Source JO: 290-14/12/1997).

Émile Richard rendit de précieux services à la Résistance. Un poste émetteur était caché à son domicile. En outre, il hébergea des aviateurs anglais.

* Hartheim : Ce château, situé à 27 km à l'ouest de Linz, est le centre d'extermination par gaz du camp de Mauthausen, et cela pendant quatre ans.

Annexe 4
A bord du Breiz Izel

Le 22 janvier 1944, 32 personnes * dont 14 aviateurs alliés ont pris place à bord du « Breiz-Izel » pour rejoindre l'Angleterre.


A l'approche de l'arrivée, la fatigue se fait sentir à bord du Breiz Izel.
Assis à droite au deuxième rang : Gabriel Cloarec.
En médaillon : le jeune Jean Richard

Photographie prise par Yves Vourc'h lors de l'arrivée du Breiz Izel en Angleterre.
Avec l'aimable autorisation de Anne Ploux Vourc'h et de ses neveux. Copyright "droits réservés"


18 civils français

14 aviateurs et pilotes alliés

Equipage

Résistants & évadés français

Patron :
Gabriel CLOAREC 1,2,3,6

Equipage :
Pierre CLOAREC (son frère) 2
Pierre CELTON 1,2,7
Pierre DREVILLON 2
Yves PERON 1,2
Emile RALEC 1,2

Jean CELTON 1,2
André DELFOSSE 1,2
Théodore DOARE 1,2
François JAOUEN 1,2
Jos LE BRIS 2
Yves LE FOLL 1,2
Jean de la PATELLIERE 1,2
Yves PERON 1,2
Pierre PHILIPPON 1,2
Jacques REVERCHON 1,2
Jean RICHARD 1,2,3
Yves VOURC'H 1,2
...

1 canadien
WO2 Russell A JONES
(RCAF - WO 208/3318/1719) 4,5,12,16,17

3 anglais
Sgt Royce «Max» FIDLER
(Anglais - WO 208/3318/1717) 2,5,16,17
Sgt Leslie C. WOOLLARD
(Anglais - WO 208/3318/1718) 2,5,16,17
Sgt John D H «Paddy» CARLETON
(Irlandais - WO 208/3318/1720) 2,5,16,17

10 américains
S/Sgt Harry H. HORTON Jnr
(E & E 330) 15,16
S/Sgt Edward SOBOLEWSKI
(E & E 331) 15,16
T/Sgt Thomas R. MOORE
(E & E 332) 1,13,15,16
T/Sgt Caroll F. HAARUP
(E & E 333) 8,11,15,16
T/Sgt Robert C. GILES
(E & E 334) 8,11,15,16
Sgt Ardell H. BOLLINGER
(E & E 335) 1,10,15,16
Sgt Leonard J. KELLY
(E & E 336) 1,10,15,16
Sgt Joseph Markus. KALLAS
(E & E 337) 1,10,15,16
1/Lt Dwight Angus FISHAR
(E & E 338) 15,16
1/Lt James E «Jim» ARMSTRONG
(E & E 339) 1,4,8,9,15,16


* : Dans son ouvrage "L'Evadé de la France Libre (Ed. Tallandier, 2000)", Georges Broussine, chef du réseau évasion Bourgogne, fait référence, page 212, au rapport n° 11 du BCRA daté du 18/02/1944, sur les activités de la section évasion :
"Réseau Bourgogne - Nous avons eu avec ce réseau une opération maritime par laquelle trente-deux personnes dont quinze aviateurs alliés, sont arrivés ici. D'autres opérations de ce genre sont actuellement à l'étude (...)".
Ce rapport officiel, rédigé à Londres, peu de temps après l'arrivée du bateau, est confirmé par le chef de ce réseau, donc fiable. Georges Broussine déclare avoir acheté le bateau "Breizh-Izel", unité récente de onze tonneaux, suite à l'échec de la "Jeanne"... (Source : Daniel Jolys)

1 : Clandestins de l'Iroise (1943-1944) Tome 3 - René Pichavant - Edition morgane
2 : http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=61412 : Gabriel Cloarec
3 : transcriptions des souvenirs de Jean Richard recueillis par Daniel Jolys & Articles de journaux
4 : http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1123 : Classe 44 - réfractaire & maquisard
5 : http://www.conscript-heroes.com/MI9-04.html : Conscript Heroes
6 : www.plan-sussex-1944.net/francais/pdf/infiltrations_en_france.pdf : Tentative de reconstitution de l'historique des infiltrations d'agents en France de 1941 à 1945
7 : http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=53484 : Pascal Bariou
8 : http://www.conscript-heroes.com/Art38-MIS-X.html : Conscript Heroes
9 : http://francecrashes39-45.net/page_fiche_av.php?id=2600 : France-Crashes 39-45
10 : http://francecrashes39-45.net/page_fiche_av.php?id=2891 : France-Crashes 39-45
11 : http://francecrashes39-45.net/page_fiche_av.php?id=2894 : France-Crashes 39-45
12 : http://francecrashes39-45.net/page_fiche_av.php?id=5804 : France-Crashes 39-45
13 : http://media.nara.gov/nw/305270/EE-332.pdf : US National Archives
14 : http://www.flickr.com/photos/55009726@N02/5200528392/
      Sgt LC Woolard Evaded
      Evasion Route Belgium - France - UK
      Arrived in France on 22 Jan 1944 and brought to UK by Sea, docking at Falmouth on 23 Jan 1944.
      Assisted by the escape line known as 'Service EVA' upto 22 Oct 1943.
      Assisted by Escape Lines in both Bordeaux and Burgundy after this point.
      Recovered from Brittany to the UK by the Vessel 'Breizh-Izel' and landed at Falmouth.
      No Decorations for Successful Evasion
15 : https://catalog.archives.gov/search?q=E%20%26%20E%20335 : Conscript Heroes
16 : http://www.conscript-heroes.com/escapelines/EEIE-Articles/Art-34-Breiz-Izel.htm : Conscript Heroes
17 : Sources : National Archives London - http://discovery.nationalarchives.gov.uk/

Annexe 5
Documents et photographies


Extrait des cahiers de mademoiselle Créhin



Les Echos de la Résistance - Interview de Jean Richard - 1945



Liste de souscription de Marcel Misériaux pour l'Erection du monument de
Martigné-Ferchaud à la mémoire des 52 Patriotes bretons du Réseau Oscar-Parson morts pour la France



Le monument de Martigné-Ferchaud à la mémoire des 52 Patriotes bretons du Réseau Oscar- Parson (Oscar-Buckmaster) morts pour la France



L'ouvrage collectif de « La Mée » : Telles furent nos jeunes années, intégralement reproduit sur le site http://www.chateaubriant.org et qui relate les faits de résistance à Martigné-Ferchaud.



Le livre de René Pichavant : Clandestins de l'Iroise (1943-1944) - Tome 3 - 1986 qui relate les évasions vers l'Angleterre depuis la Bretagne et en particulier celle du Breiz Izel sur lequel embarqua mon père le 21 Janvier 1944.



Carte de Résistante de Maria Richard.



Extrait du livret Individuel Classe 1942 - Richard Jean, Paul, Emile



Army Book 64 - Soldier's service and Pay Book de Jean Richard

Dès l'engagement chaque soldat percevait un exemplaire de l'Army Book 64 (référence administrative du document), the « Soldier's Service and Pay Book ». Sur la photo, quand elle existe, le détenteur est bien souvent dans un uniforme différent de l'unité dans laquelle il va appartenir. A partir de ce moment où il prenait le service, ce livret de 20 pages devenait son « passeport ».

Contenant son numéro d'identification militaire, des informations personnelles, les cours et entraînements suivis, ses différents emplois et affectations, un dossier médical réduit, ses dernières volontés et testament ...

Ce livret devait être porté en permanence sur l'homme. Ne pas produire ce document à la demande (par un officiel - officier ou police militaire) était punissable. Ce document en anglais est complété aussi bien en anglais qu'en français. Certaines pages ne sont pas renseignées pour raisons de sécurité pour les familles certainement: (les pages 10 et 11 où se trouvent les informations sur la famille)

Ce document servait également de pièce comptable et d'identification pour les jours de paye. " C'est un document rare et passionnant à examiner, qui renferme la vie militaire du soldat et nous donne des informations historiques sur la formidable aventure des forces françaises libres. "

Informations tirées du site de la deuxième division blindée de Leclerc :
http://www.marechal-leclerc.fr.st/

Annexe 6
Leclerc et la deuxième DB

L'histoire d'un homme charismatique :
Philippe Leclerc de Hauteclocque

Tiré du magazine du Conseil Général de la Somme
Vivre en Somme - Hors-série de Novembre 2007
Un héros, Une légende de la Somme : Le Maréchal Leclerc de Hauteclocque

Né le 22 novembre 1902 à Belloy-Saint-Léonard dans la Somme, Philippe François Marie de Hauteclocque entre en 1922 à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr. Il en sort deux ans plus tard en tant que major de la cavalerie et entre à l'École d'application de la cavalerie de Saumur, dont il sort en 1925, là encore, en étant major.

La même année, le 10 août, il épouse Marie-Thérèse de Gargan dont il aura six enfants (quatre garçons et deux filles).

Depuis 1918 (et jusqu'en 1930), la Sarre est sous occupation française en conséquence du Traité de Versailles (1919) faisant suite à la Première Guerre mondiale. Le jeune Philippe de Hauteclocque a pour première affectation le 5e régiment de cuirassiers à Trèves; après y avoir passé un an, il obtient une affectation au 8e Spahis Algériens au Maroc. Il participe à la pacification du territoire au cours de la guerre du Rif, durant laquelle il se distingue. En 1929, le commandement du 38e Goum lui est confié.

En 1931, il revient à l'École de Saint-Cyr où il devient instructeur.
Lors d'un exercice à cheval, il se casse une jambe se casse sous sa monture ce qui lui vaudra d'utiliser une canne tout le reste de sa vie. Au cours d'un second séjour au Maroc, il est promu capitaine en 1934, et obtient la Légion d'honneur. En 1938, il réussit le concours d'entrée à l'École de Guerre (aujourd'hui devenu le Collège interarmées de défense), dont il sort major en 1939.

En mai 1940, Philippe de Hauteclocque est capitaine d'état-major à la 4e division d'infanterie, en poste sur le front belge. Lors de l'attaque allemande, il est fait prisonnier, mais parvient à s'échapper et à rejoindre les lignes alliées, où il reprend le combat.

Le 15 juin, il participe à une contre-offensive dans la plaine de Champagne au cours de laquelle il est blessé à la tête. Les blindés allemands ont ouvert le feu sur la maison dans laquelle il se trouvait et une partie du plafond s'est effondrée sur lui.
La blessure ne semble pas l'affecter à tel point qu'il continue le combat, jusqu'à ce qu'il soit à nouveau fait prisonnier.

La rencontre de deux hommes au destin exceptionnel

Le 17 juin 1940, il parvient à s'évader et prend le parti de poursuivre la lutte. Il traverse la France à bicyclette, malgré l'occupation allemande, rejoint sa femme et leurs six enfants sur les routes de l'exode près de Libourne en Gironde. Après les avoir mis au courant de sa volonté de se battre, il essaie de franchir les Pyrénées à Bayonne, sans y parvenir. Il y arrive finalement près de Perpignan. Il est brièvement arrêté en Espagne, puis arrive jusqu'au Portugal d'où il rejoint Londres par bateau.

Il se présente au général de Gaulle le 25 juillet. Afin d'éviter que des représailles ne soient dirigées contre sa famille, il a pris le pseudonyme de « François Leclerc », le patronyme étant très fréquent en Picardie et à Belloy même. Cette discussion a probablement changé sa vie. Le général de Gaulle, reconnaissant en lui un chef exceptionnel, le promeut de capitaine à chef d'escadron dès leur première rencontre et lui donne pour mission de rallier l'Afrique Equatoriale Française (AEF) à la France libre. Son engagement dans la France libre lui fait abandonner l'Action française.

Le ralliement de l'Afrique ...

Le 6 août 1940, il quitte l'Angleterre pour le Cameroun avec René Pleven, André Parant et Claude Hettier de Boislambert. Vingt jours plus tard, il débarque de nuit en pirogue à Douala avec 22 hommes. Il fait la connaissance du commandant Louis Dio, qui arrive de Fort-Lamy à la tête d'un détachement du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad. Il parvient à convaincre les autorités fidèles à Vichy de s'effacer et rallie le Cameroun, le Tchad et le Congo à la cause de la France libre sous l'égide de Félix Éboué et de Larminat.

Leclerc est nommé Commissaire général du Cameroun et le 28 août, c'est toute l'AEF, à l'exception du Gabon qui s'est ralliée au Général de Gaulle. Celui-ci, au cours d'une visite à Douala le 8 octobre, donne son accord à Leclerc pour tenter de rallier le pays à sa cause.
Avec l'aide des Forces françaises libres, repliées après l'échec de l'expédition de Dakar (23-25 septembre), Leclerc débarque près de Libreville le 8 novembre et le 10 novembre, le Gabon se joint à la France libre.

Leclerc est alors officiellement confirmé au grade de colonel par le général de Gaulle, grade qu'il s'était auto-attribué « comme par enchantement », selon l'expression de De Gaulle, en arrivant au Cameroun pour ne pas être en infériorité hiérarchique par rapport au lieutenant-colonel en poste à Douala, et il est désigné comme commandant militaire du Tchad.

La France libre a pour la première fois une assise territoriale et stratégique significative.

... Le serment de Koufra ...

À partir de ces bases, sa colonne, qui compte notamment le capitaine Massu, effectue des raids de plusieurs milliers de kilomètres au milieu du désert, avec un équipement peu adapté aux conditions climatiques et au sol sableux et se dirige vers des postes italiens. Ayant pris l'oasis de Koufra (28 février 1941) avec un canon et 300 hommes seulement, il fait le serment avec ses soldats de ne pas déposer les armes avant d'avoir vu le drapeau français flotter sur la cathédrale de Strasbourg. Il poursuit les combats en Libye et participe à la prise de Tunis par les Alliés avec la Force L (L pour Leclerc) au tout début de 1943.

... L'Angleterre et la campagne de France ...

L'armée de Leclerc, qui a été nommé général, est équipée de matériel américain et profite de quelques mois de répit pour étoffer ses rangs, incorporant notamment d'anciens soldats de l'Armée d'Afrique, vichyste.

Envoyée en Normandie, sa 2e division blindée (plus connue comme la 2e DB) débarque le 1er août 1944 dans la Manche sur la plage de Saint Martin de Varreville, et va établir son 1er camp à Vesly dans un champ dénommé « champ Robert » ou il séjournera 10 jours le temps de s'organiser avant de faire route sur Argentan, et Alençon, tout en ayant au passage donné main forte lors de la fermeture de la poche de Falaise, à Chambois Mont Ormel. Faisant partie de la 3e armée du général Patton, la division de Leclerc, ou « division Croix de Lorraine », devient parfois même le fer de lance des attaques américaines. Sa division libère Alençon le 12 août, s'illustre dans la forêt d'Écouves, mais bute le 13 août sur Argentan qu'elle ne peut investir, gênant en fait les mouvements américains. Leclerc demande alors l'autorisation de quitter le théâtre des opérations en Normandie, pour : « Ne plus perdre un seul homme ici et libérer la capitale de la France. »

Avec l'accord qu'il a arraché à ses supérieurs, la 2e DB se rue sur Paris, si bien que le 25 août 1944, le général Leclerc reçoit la reddition du général von Choltitz, gouverneur militaire allemand de Paris, à la gare Montparnasse. La capitale a été libérée en deux jours, presque sans combat, dans un mélange de liesse et de coups de feu. Les généraux de Gaulle et Leclerc descendent côte à côte l'avenue des Champs-Élysées alors qu'éclatent encore des accrochages sporadiques.

... Le nid d'aigle ...

Avant la fin de l'année 1944, le 23 novembre, ses troupes libèrent Strasbourg, occasion d'une prise d'arme pour rappeler que le serment de Koufra a été tenu. Ultimes faits d'armes, ce sont les soldats français de Leclerc qui s'emparent du Kehlsteinhaus, le " nid d'aigle " d'Adolf Hitler à Berchtesgaden en Bavière, quelques jours seulement avant l'armistice du 8 mai 1945.

... Et la capitulation du Japon

Le 21 juin, il fait ses adieux avec solennité à sa division, qu'il quitte pour rejoindre le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient en Indochine française occupée par le Japon depuis 1940.
Le 2 septembre 1945, c'est Leclerc qui signe, au nom de la France, l'acte de capitulation du Japon à bord du cuirassé USS Missouri, en rade de Tokyo.

Après la capitulation du Japon et la proclamation de l'indépendance par Hô Chi Minh le 2 septembre 1945, il parvient à rétablir la souveraineté française dans toute la Cochinchine et le Sud-Annam, le 29 janvier 1946 tout en étant lucide sur la nécessité d'une solution politique. Au Tonkin, Hô Chi Minh accueille Leclerc, le 26 mars 1946 à Hanoï, favorablement. En effet, celui-ci était pour la résolution de la crise qui secouait la colonie française par la voie politique.

En 1946, Leclerc est nommé inspecteur général en Afrique du Nord.

... L'hommage de la nation

Le 28 novembre 1947, au cours d'une tournée d'inspection en Afrique du Nord, son avion, un B-25 Mitchell est pris dans une tempête de sable. On suppose que le pilote est descendu à basse altitude pour trouver des repères géographiques, mais l'avion a percuté la voie ferrée, non loin de Colomb-Béchar. Les 12 occupants de l'appareil sont tués sur le coup. Un treizième cadavre a été retrouvé dans la carcasse de l'avion. Ce treizième homme a alimenté l'idée du complot.

La nouvelle de ce décès est un choc pour une France qui se relève difficilement d'une terrible guerre et qui voyait en cet homme le libérateur de Paris et de Strasbourg, celui qui avait lavé l'affront de la défaite de 1940. Après un hommage national à Notre-Dame, la 2ème DB escorte son chef vers l'Arc de Triomphe, où une foule de Français vient s'incliner devant le cercueil du général d'armée. Il est inhumé dans la crypte des Invalides.

Il a été élevé à la dignité de Maréchal de France, à titre posthume, par décret du 23 août 1952.
Le 30 novembre 1997, pour le cinquantenaire de l'anniversaire de son décès, une Homélie ainsi qu'une messe furent célébrées en la Cathédrale d'Amiens par l'Evêque d'Amiens et par le père Cordier, ancien combattant de la 2e DB et Aumonier général des anciens de la 2e DB.

La Deuxième DB

La 2ème division blindée (2ème DB) est une unité militaire française de l'Arme blindée cavalerie créée pendant la Seconde Guerre mondiale par le général Philippe Leclerc. Elle est parfois appelée Division Leclerc ou même Armée Leclerc.

Création et différentes dénominations

Colonne Leclerc - 1941.
2e DFL - mai 1943.
2e DB - août 1943.

Historique des garnisons, campagnes et batailles

Son origine remonte à la Colonne Leclerc des FFL qui prit l'oasis de Koufra le 1er mars 1941 durant la guerre du désert. Le lendemain, fut prononcé le serment de Koufra que le général Leclerc remplit point par point.
L'année suivante, en 1942, la colonne Leclerc effectuait une série de raids en direction du Fezzan puis en 1943, le Fezzan est conquis et la colonne Leclerc fait sa jonction avec la 8e armée britannique qu'elle accompagne dans la campagne de Tunisie en s'illustrant notamment à Ksar-Rhilane.
Le 15 mai 1943, cette force fut transformée en 2e Division Française Libre à Sabratha en Libye et le 24 août 1943, elle fut renommée 2e Division Blindée à Témara au Maroc.
Ses effectifs viennent en partie des Forces françaises libres mais principalement de l'Armée d'Afrique. Cette fusion dans une seule division, d'unités provenant de ces deux armées, est un cas unique.
Rééquipée de matériel américain, elle s'embarqua en avril-mai 1944 pour le Royaume-Uni.

Bataille de Normandie

À partir du 1er août 1944, elle débarqua à Utah Beach et fut rattachée à la IIIe Armée américaine du général George S. Patton qui accueillit le général Leclerc dès son arrivée.
La division française fut associée à la 5e division blindée américaine et à la 79e division d'infanterie états-unienne formant ainsi le 15e corps d'armée commandé par le Général Haislip, et dépendant par ailleurs de la IIIe armée du Général Patton. Dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1944, les premiers éléments de la 2e division blindée débarquèrent donc à Saint-Martin-de-Varreville, sur une plage plus connue sous le nom d'Utah Beach. Après son regroupement à La Haye-du-Puits (Manche), la division reçut l'ordre d'avancer plein sud sur les routes du Cotentin, puis vers Le Mans. D'emblée, la division française fut donc placée sous le commandement de Patton avec la IIIe armée engagée dans l'opération Cobra. Elle vit le feu à Granville, et se distingua une fois de plus par l'héroïsme et la détermination de ses hommes. Profitant de l'avantage du "goulot" d'Avranches, Leclerc lança sa division vers Vitré et Château-Gontier, puis vers Le Mans.


Entre Château Gontier et Sablé sur Sarthe,
Les Sherman de la 2ème DB mettront 24 h pour traverser Grez en Bouère.

La 2e division blindée dans la Sarthe

Du Mans, l'attaque du XVe corps d'armée américain du Général Haislip en direction d'Alençon était prévue pour le 10 août à 7 heures. Pour ce faire, la manœuvre nécessitait de faire pivoter au Mans toute la 5e division blindée américaine plein nord, avec pour axe de progression Savigné-l'Évêque, Bonnétable, Marolles-les-Braults, Mamers, puis la forêt de Perseigne. La 2e division blindée du Général Leclerc, qui faisait partie intégrante de ce corps d'armée américain reçut mission de mener la même offensive sur la gauche de la 5e division blindée. Ce jour là, à Mézières-sur-Ponthouin, sur la route de Ballon, les combats furent meurtriers pour la 2e DB. Quatre chars Sherman furent détruits, 23 soldats perdirent la vie et 45 autres furent blessés. Mézières-sur-Ponthouin sera la première ville française libérée au combat par la 2e DB.
La ville du Mans fut libérée par les troupes américaines le 8 août. La 2e division blindée contourna la ville par l'ouest et le nord. De Sablé-sur-Sarthe, la division remonta vers Loué. Les Allemands mirent en place une ligne de défense sur l'axe Saint-Marceau à Bonnétable, avec les troupes de la 9e Panzerdivision, récemment arrivée de Nîmes. Se joignirent à ce dispositif les débris de la 308e division blindée et de la 130e Panzer Lehr, principalement destinés à ralentir la progression des alliés par des embuscades antichars.

Fer de lance en Normandie

Le Général Leclerc n'eut alors de cesse de se porter à l'avant du dispositif du XVe corps. Après la Sarthe, la division Leclerc était à la pointe du dispositif américain, réalisant un mouvement d'encerclement. Rapidement, les troupes du XVe corps US se portèrent vers le nord, et c'est la 2e DB qui libéra Alençon le 12 août 1944, si rapidement que les Allemands en furent décontenancés. Le général Patton, commandant la IIIe Armée, ne tarit pas d'éloges au sujet du général Leclerc qui appliquait les principes de l'attaque à tout prix depuis que les Français étaient entrés en Normandie,
Aussi les Américains firent-ils de la 2e DB le fer de lance de leur attaque vers Argentan pour fermer la poche de Falaise. Or, après de terribles combats dans la Forêt d'Écouves, les troupes françaises se dispersèrent sur les routes menant à Argentan, à tel point que plus aucune n'était utilisable par les Américains qui devaient les emprunter. Leclerc se fit réprimander par le général américain commandant la 5e DB américaine car ils n'avaient pas respecté les ordres, retardant peut-être la fermeture de la poche de Falaise - Argentan. Les Français de Leclerc investirent pourtant la ville d'Argentan, mais les unités de reconnaissance, après avoir découvert une ville vide de tout défenseur, furent chassées par les blindés allemands lors d'une contre-attaque.
Il était clair que les Allemands allaient défendre la ville avec acharnement. Leclerc, qui occupa un temps les hauteurs sud de la cité normande, demanda alors l'autorisation d'envoyer le gros de ses troupes vers Paris pour libérer la capitale. Le haut-commandement américain et notamment Eisenhower dut trancher.

Libération de Paris

Suivant l'ordre reçu de leur chaîne de commandement, les unités de combat américaines s'arrêtèrent quelque temps devant Argentan afin de pousser la 2e DB vers l'avant en prévision de la libération de Paris. Le haut-commandement finit par insister : Paris devait être libéré par des Français. Les Américains permirent ainsi aux combattants de la 2e DB de se distinguer en devenant la première unité alliée à entrer dans Paris, les 24 et 25 août 1944 et de recevoir la reddition de Dietrich von Choltitz.

Libération de Strasbourg

Le 23 novembre 1944, Strasbourg fut libérée. Lorsque le lieutenant-colonel Rouvillois fut entré dans Strasbourg, il lança la célèbre phrase codée "Tissu est dans Iode" pour signaler sa réussite dans la prise de la capitale alsacienne.

Le nid d'aigle de Hitler

Le 4 mai 1945 vit l'arrivée d'un détachement de la 2e DB à Berchtesgaden. Elle investit le Berghof quelques heures avant les parachutistes de la 101e division aéroportée américaine.

Bilan de la campagne

L'unité compta 1 687 tués dont 108 officiers, 3 300 blessés et 58 tanks légers et moyens perdus. Elle tua 4500 soldats de l'Axe, en captura 8800 et détruisit 118 tanks lourds et moyens.
Elle a reçu la Presidential Unit Citation notamment pour la libération de Strasbourg.
Elle fut dissoute le 31 mars 1946 avant de renaitre plus tard.

Le Régiment de Marche du Tchad

Créé en 1943 à partir du RTST et du BM 3. Ce régiment fit partie de la 2e DB.; Drapeau décoré de la Croix de la Libération en 1945. L'insigne est largement inspiré du BM 3 dont le RMT est en grande partie issu. Ayant approximativement la forme d'un losange dont l'angle supérieur serait arrondi et les angles latéraux tronqués, cet insigne est en métal doré et émaillé. Le motif principal en est l'ancre de la Coloniale d'émail rouge - dont la pointe forme l'angle inférieur du losange - se détachant sur fond bleu, et ayant une deuxième trabe, parallèle à la première et formant croix de Lorraine. En chef, l'inscription "Tchad" en lettres rouges sur cartouche d'or. Brochant sur l'ancre, une tête de chameau d'or, face à droite, dont le harnachement apparait en bleu, cache en partie la trabe inférieure. Homologué H 181 (Source S&T).


Evron, le Dimanche 5 juin 1988
Rassemblement inter régional de la 2ème DB organisé par l'Association des anciens de la 2ème DB de la Mayenne avec le Général Massu (à gauche), le Colonel Dronne (au centre de la photo) et Yannick Le Tourneur du Val, président des anciens de la 2ème DB de la Mayenne (à droite en blanc).


La marche de la 2ème DB
Auteur : André Ledur - Compositeur : Victor Clowez
Origines : Ce chant date de 1946 - Il est le chant régimentaire du RMT

La Marche officielle de la Division LECLERC

Annexe 7
Citations et Décorations

Citations

Citation à l'ordre de la division N°259
Nommé chef de groupe de Martigné-Ferchaud en juillet 1943 ; organise la résistance ; dirige l'équipe de parachutage de son ressort et accomplit toutes les missions qui lui sont confiées avec un grand dévouement et participe au rapatriement d'aviateurs alliés. Recherché activement par la Gestapo en octobre 1943, quitte la région et gagne l'Angleterre par bateau.

Citation à l'ordre du régiment N°64 en date du 25 avril 1945

Citation à l'ordre de la division N°259 du 14 janvier 1946

Citation à l'ordre de la brigade N°214 du 9 avril 1952

Décorations

Médaille militaire

Croix de guerre 39-45 avec 2 citations (étoile d'argent, étoile de bronze)

Croix de guerre des T.O.E. avec 1 citation (étoile de bronze)

Presidential Unit Citation des Etats-Unis

Ordre du règne du Laos (médaille d'argent)

Chevalier de l'Ordre du Mérite Civique du Royaume du Laos

Croix du combattant volontaire

Croix du combattant volontaire de la Résistance

Chevalier de la Légion d'Honneur

Médaille des Evadés

Jean Richard n'a été décoré d'aucune médaille relative à la résistance. Pour lui, les arrestations des membres de son réseau sont un échec et comme il en a été l'un des chefs, il se considère responsable et de ce fait dit n'avoir pas de mérite ...